La stérilisation des furettes

Quand une furette débute ses chaleurs, il n’est pas toujours facile de savoir ce qu’il faut faire. Les avis divergent. Stérilisation par chirurgie ou par implant ? Risque de maladie des surrénales ou d’aplasie médullaire. Que faire ?

Index

Les chaleurs, c’est quoi ?
les chaleurs avancées et l’aplasie médullaire
Chirurgie ou implant
La maladie des surrénales
conclusion

LES CHALEURS, c’est quoi ?

Les chaleurs se déclenchent généralement entre janvier et juillet. Elles arrivent dès la puberté (à partir de 6 mois, très rarement avant) et cela veut dire qu’elle va être prête à reproduire.

Les chaleurs se caractérisent par une augmentation de la taille de la vulve chez la furette. Quand la furette n’est pas en chaleurs, sa vulve ne se voit quasiment pas, elle est complètement rétractée et fait juste la taille d’une tête d’épingle. Elle enfle très rapidement quand les chaleurs se déclenchent.

Différents stade d'évolution de la vulve d'une furette. Gauche : furette non pubère, haut : début de chaleur, bas : chaleurs avancées et dangereuses.

Différents stades d’évolution de la vulve d’une furette. Gauche : furette non pubère, haut : début de chaleur, bas : chaleurs avancées et dangereuses.

Chez les mammifères, les chaleurs induisent une production d’hormones (des œstrogènes) suivant une courbe qui augmente jusqu’à l’ovulation et redescend ensuite, qu’il y ait eu accouplement ou non. C’est pour ça que toutes les femelles mammifères ne sont fécondes que quelques jours par an et pas toute l’année.

Chez les furettes ça n’est pas le cas. Elles restent en chaleurs jusqu’à ce qu’elles soient stérilisées ou saillies et leurs hormones ne font qu’augmenter, indéfiniment et cela devient très vite dangereux pour elles.

Lorsque la furette est en chaleur depuis plus de 30 jours, on parle de chaleurs avancées. A ce stade, l’aplasie médullaire peut se déclarer à tout moment. La furette est alors en danger de mort.
N’hésitez pas à consulter notre fiche détaillée sur l’aplasie médullaire pour comprendre cette maladie ou si vous avez un doute sur l’état de votre furette.


Chirurgie ou IMPLANT

La chirurgie

La stérilisation chirurgicale d’une furette consiste en une ablation des ovaires et de l’utérus, ce qu’on appelle une ovario-hystérectomie, pratiquée par un vétérinaire compétent et sous anesthésie gazeuse. La suppression totale de l’appareil génital diminue le risque de repousse ovarienne et de développement de tumeur utérine.

Le mieux est de faire pratiquer l’opération dès le début des chaleurs ou dans les 10 premiers jours pour leur garantir une sécurité lors de l’opération et éviter les risques hémorragiques.
L’opération est définitive et coûte entre 100 et 250€ selon les vétérinaires.

Après l’opération, vous pouvez suivre nos conseils post opératoire pour que tout se passe au mieux.

L’IMPLANT

L’implant Suprélorin est de plus en plus plébiscité par les vétérinaires pour stériliser les furets mâle ou femelle et certains refusent même maintenant de stériliser chirurgicalement les furettes en invoquant le risque de cancer des surrénales.

La pose de l’implant est rapide et ne nécessite pas d’opération. Sa durée d’action et de 2 à 4 ans selon le dosage utilisé et le poids du furet. Le petit implant (4.7mg, conseillé pour les furets) coûte en moyenne 75€ et le gros implant (9.4mg, dont il faut se méfier du pic hormonal) 150€. Il faut penser à surveiller les signes de fin de vie de l’implant (retour du rut ou des chaleurs) et prévoir le budget pour le faire renouveler.

Cependant, l’implant Suprélorin a l’AMM (autorisation de mise sur le marché) pour le furet mâle. Pour l’utilisation sur les femelles, L’AMM n’existe pas encore. Si l’AMM n’a pas été donné, c’est qu’il a été impossible pour le laboratoire de prouver qu’il n’y a aucun risque pour la femelle.

  • Il ne faut donc pas implanter une furette car les effets secondaires sont nombreux et que l’implant n’est pas fabriqué pour elles. C’est le vétérinaire qui prend donc la responsabilité et le risque d’implanter ou non, au cas par cas. Il faut également se méfier des vétérinaires qui veulent implanter à tout prix sans proposer d’alternative.
  • Il ne faut jamais implanter une femelle en chaleur de plus de dix jours car cela est très dangereux pour elle (voir fiche sur les chaleurs avancées).
  • Pour les femelles l’implant peut être utilisé sans risque sur les furettes déjà stérilisées pour prévenir une maladie des surrénales ou juguler une maladie déjà déclarée, et seulement pour cela. L’implant est donc à utiliser avec intelligence.

 Voici la liste des effets secondaires de l’implant sur les furettes non stérilisées par chirurgie recensée par les associations de protection des furets :

  • pseudo-gestation
  • hausse du taux d’œstrogènes et risque d’aplasie médullaire
  • espérance de vie moins longue
  • chaleurs dont les symptômes seraient cachés par l’implant, jusqu’à l’aplasie médullaire.
  • infections de l’utérus
  • kystes ovariens et utérins
  • lactation
  • kystes ou inflammation ou infection des mamelles

L’implant est donc de plus en plus utilisé, alors qu’il n’a pas l’AMM pour les femelles et aucun recul sur les risques ou les effets secondaires (rejets, effets secondaires immédiats ou à long terme). Nous tentons d’échanger avec le laboratoire sur ce point depuis quelques temps. A l’heure actuelle nous n’avons obtenu que des réponses très évasives.

Grâce aux récentes études prouvant l’origine génétique de la maladie des surrénales, le travail de recensement des différentes associations, l’implant semble plus être une mode et une bonne source de revenus pour les vétérinaires.


La maladie des surrénales

La maladie des surrénales est l’angoisse des propriétaires de furets car beaucoup de choses erronées circulent à son sujet. Beaucoup avancent que la stérilisation est la seule cause de la maladie et que stériliser son furet chirurgicalement revient à le condamner.

Cependant, il y a des furets qui auront une maladie des surrénales alors qu’ils sont encore entiers et d’autres qui auront été castrés jeunes et ne développeront rien. Le taux de probabilité de la survenue d’un cancer des surrénales chez le furet est de 10 à 20%.

Cela s’explique car la maladie des surrénales est d’abord liée à un problème génétique. Pour en savoir plus, connaitre réellement l’origine et le fonctionnement de la maladie, vous pouvez consulter notre fiche détaillée sur le sujet.


Conclusion

La stérilisation des furettes est un vrai débat mais malheureusement toutes les données ne sont pas encore disponibles pour pouvoir le conclure. En effet, le peu de recul et l’absence d’AMM pour l’implanter une furette ne permet pas une confiance totale dans cette procédure, mais nous n’imposons aucune méthode.

Chaque propriétaire est libre de décider de la manière qui lui parait appropriée, mais pour nous, il est important que ce choix soit éclairé. 

Il est important de prévenir des risques de l’implantation des furettes, qui ne sont souvent pas exposés par les vétérinaires et de dédramatiser le cancer des surrénales, bien trop souvent utilisé comme excuse pour implanter.

Dans notre cas, en temps qu’association de protection animale, nous pratiquons sur nos furets des stérilisations chirurgicales afin de lutter contre les ré-abandons et les risques de reproduction après la fin de l’implant.

Nous recommandons à chaque propriétaire de furet, que celui-ci soit stérilisé ou non, par implant ou par chirurgie, de faire pratiquer une échographie des surrénales autour des 4 ans du furet pour vérifier l’état de ses surrénales.

© Les Fufus de l’Ouest
MAJ 30/04/2018